• Tribune « Pour les droits des femmes, nous voulons jouer collectif »

  • Tribune « Pour les droits des femmes, nous voulons jouer collectif »

    Par Virginie Duby-Muller, députée de Haute-Savoie, Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône, Emmanuelle Anthoine, députée de la Drôme,

     

    En dépit des multiples lois fondatrices pour l’émancipation des femmes, depuis plus de 80 ans, l’égalité hommes-femmes reste malheureusement un serpent de mer français. Et ce, malgré le féminisme historique d’Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ; malgré 2 journées internationales dédiées aux femmes ; malgré un nombre toujours aussi important de femmes mourant sous les coups de maris violents.

    C’est finalement la récente « affaire Weinstein » qui aura fait bouger les lignes. L’omerta a explosé avec le mouvement #Balancetonporc, le tribunal médiatique rendant sentence. Révolution verbale et digitale, après avoir été astreintes au silence par une société incapable d’entendre le quotidien des femmes, il était nécessaire de parler, quitte à sortir des cadres traditionnels et juridiques. Dans la foulée de ce mouvement de libération, l’égalité entre les hommes et les femmes devenait cause quinquennale en France.

    Alors que l’on essaye, dans la majorité, de nous diviser sur le sujet du féminisme, entre des prétendus « progressistes » et « conservateurs », il nous parait nécessaire à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes de rappeler que la lutte pour l’égalité des sexes n’est pas une valeur de gauche, ni une valeur qui n’appartient qu’aux femmes : il s’agit avant tout de dignité humaine, de la place de l’humain dans la société. De rappeler aussi que nous n’avons pas attendu les élections de 2017 pour nous saisir de ces sujets. Que c’est notre famille politique qui a introduit dans la Constitution (article 2) l’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités et mandats électifs. Que le Gouvernement de François FILLON en 2007 était paritaire et confiait des postes régaliens aux femmes. Que la lutte contre les violences faites aux femmes était la grande cause nationale de 2010, décidée par le Président Nicolas SARKOZY et suivie, le 9 juillet 2010, d’une loi relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants. Que c’est notre famille politique qui a proposé et fait voter la loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public (anti-niqab) en 2010. Que, dès le 27 janvier 2011, la loi Copé-Zimmerman obligeait les conseils d’administration des entreprises de plus de 500 salariés à afficher au moins 20 % de femmes dans leur composition au bout de 3 ans. Que depuis juillet 2011 les femmes françaises peuvent conserver leur patrimoine génétique (comme les hommes peuvent le faire) avec la vitrification rapide des ovocytes, grâce à la loi de bioéthique.

    Alors non, la gauche n’a pas le monopole du cœur. Malgré le fait que les parlementaires Les Républicains aient été délibérément exclus des réflexions sur le harcèlement de rue par la Secrétaire d’Etat Marlène SCHIAPPA. La lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes est une problématique profondément ancrée dans les valeurs de droite.

    Nous sommes des élues de droite, et nous sommes engagées en faveur de cette l’égalité.

    Femme de droite, Simone Veil nous donnait déjà les pistes de ce qui est aujourd’hui notre définition de l’égalité des sexes : « Ma revendication en tant que femme, c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin. »

    La lutte pour le respect des droits des femmes est donc aussi une valeur de droite, en ce qu’elle incarne les principes mêmes de notre République une, indivisible, où la lucidité et le réalisme des situations des femmes l’emportent sur les idéologies et les promesses intenables ; où le courage et l’action nous obligent, plutôt que les annonces politiques irréalisables. Nous sommes dans l’action et non dans la communication, avec des propositions concrètes contre le viol, les mutilations génitales féminines, les violences au sein des couples.

    La lutte pour le respect des droits des femmes est aussi une valeur de droite, et notamment parce qu’elle nécessite la juste application des peines – que nous appelons de nos vœux depuis 2012, et ne peut se satisfaire du laxisme judiciaire et de l’impunité. Ainsi, il nous est insupportable de savoir que seulement 10 % des femmes victimes de viol portent plainte ; seuls 3 % des viols débouchent sur un procès en Cour d’assises ; 80 % des affaires de viol sont « décriminalisées » en agression sexuelle, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint;  65% des Françaises ont subi le harcèlement de rue avant 15 ans.

    La lutte pour le respect des droits des femmes est aussi une valeur de droite, car elle est une formidable occasion pour mettre en avant les nouveaux talents qui font la France d’aujourd’hui et de demain, et qui composent notre famille politique.

    Nous, femmes et hommes de droite, nous ne souhaitons pas non plus renier les différences, car être une femme, c’est naturellement être différente d’un homme.

    Nous, femmes et hommes de droite, nous ne voulons pas dévoyer le principe de l’égalité, pour instaurer une nouvelle lutte de classe entre les hommes et les femmes. Nous ne faisons pas du féminisme contre les hommes et en excluant les hommes, parce que pour nous c’est un combat de dignité. Nous réclamons une vraie justice, dissuasive, effective, qui protégera les victimes, femmes comme hommes.

    Nous, femmes et hommes de droite, nous pensons que la société ne doit pas être « féminisée », ni « masculinisée » mais doit pouvoir permettre l’épanouissement de chacun et de chacune. Parce que ce sont les hommes et les femmes, ensemble, qui sont la France, il est de notre devoir d’élues de faire en sorte que tous se sentent acceptés, respectés et sécurisés.

    Nous, femmes et hommes de droite, nous souhaitons nous mobiliser pour que l’égalité homme-femme soit défendue dans toute la France, dans chaque quartier, dans chaque village. Nous avons déjà émis plusieurs propositions contre les entraves à la liberté de la femme imposés par le communautarisme. Nous ferons de la liberté de chaque femme un combat permanent.

    Nous, femmes et hommes de droite, nous ne réduisons pas la femme à son genre ou à son sexe, nous ne considérons pas les femmes comme des ventres à louer et nous considérons la GPA comme une forme d’esclavage moderne.

    Nous, femmes et hommes de droite, nous souhaitons que la conciliation entre vie professionnelle et la vie familiale redevienne possible pour chacune et pour tous, et que la France ne devienne pas un pays où il faille choisir entre travailler ou garder ses enfants. Avec François Hollande et Emmanuel Macron, les Gouvernements successifs n’ont eu de cesse de lancer des attaques répétées contre les familles en détruisant la politique familiale et en portant atteinte en premier lieu à l’autonomie des femmes. Nous défendrons donc fermement les aides à la garde et les aides sociales pour les parents, comme la Paje, aujourd’hui attaquée.

    Le match entre les « anciens » et les « modernes » n’est qu’une construction politique grotesque de la part d’un parti en manque de fond et d’héritage. Pour les droits des femmes, nous voulons jouer collectif.