• Nombreux sont ceux qui m’ont interpelée au sujet de la politique du Gouvernement à l’encontre des retraités de notre pays. Je n’ai pu répondre qu’à ceux qui m’avaient mis leur adresse complète mais pour les autres, vous trouverez, ci-après copie de ma réponse.

     

     

    Emmanuelle ANTHOINE
    Députée de la Drôme
    Conseillère départementale du canton Drôme des collines      

                                                                                                                                                             
                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Paris, le 5 novembre 2018
     Madame, Monsieur,

    Vous avez souhaité, par l’envoi d’une pétition, attirer mon attention sur la politique inéquitable du Gouvernement à l’encontre des retraités de notre pays. J’en ai pris connaissance avec intérêt et vous en remercie.

    En effet, il est désormais clair que le Président de la République considère les retraités comme une variable d’ajustement dans sa gestion des politiques publiques.

    La hausse de la CSG, c’est 4,5Mds€ qui seront désormais pris chaque année sur le pouvoir d’achat de 8 millions de retraités. La sous-indexation des pensions inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, c’est 9Mds€ qui seront ponctionnés sur le niveau de vie de l’ensemble des retraités entre 2019 et 2020.

    Une récente étude de l’OFCE estime que les choix du Gouvernement vont rogner le pouvoir d’achat des retraités en moyenne de 200€ en 2019 puis de 400€ en 2020 ! C’est bien la preuve que l’exonération de la taxe d’habitation et le « geste » sur la CSG, qui vient d’être acté en faveur de 350 000 retraités, sont des mesures cosmétiques. Elles ne compensent pas l’effet négatif des autres mesures : hausse de la CSG, sous-indexation des pensions, et sous indexation des aides au logement.

    Avec mes collègues les Républicains, nous avons toujours agi pour la convergence entre les régimes du public et du privé. La réforme « Fillon » de 2003 avait déjà rapproché certains paramètres des régimes de la fonction publique de ceux du régime général, notamment la durée d’assurance requise pour le taux plein. La réforme de 2008 a ensuite étendu cet alignement aux régimes spéciaux. Quant à la réforme « Woerth » de 2010, elle a poursuivi ce chantier de convergence (rapprochement des taux de cotisation, ainsi que du minimum vieillesse avec le minimum garanti dans la Fonction publique…).

    Nous sommes aussi respectueux du dialogue social. Ainsi, en attendant la fin de la concertation sur la future réforme des retraites, nous serons attentifs aux suites données au projet de suppression effective des régimes spéciaux, mesure qui figurait dans notre programme.

    Enfin, nous pensons qu’il faut une réforme globale, concertée et équitable. En toute cohérence, tout comme nous nous battons contre la hausse de la CSG et la sous-indexation des pensions qui frappent certains de nos concitoyens, nous ne pouvons supprimer la ligne budgétaire que vous évoquez d’un trait d’amendement. Cette suppression sèche priverait de revenus certains pensionnés des régimes spéciaux.

    C’est pourquoi nous vous donnons rendez-vous au printemps prochain pour l’examen de la réforme des retraites. Vous pouvez compter sur nous :

    – pour rappeler à ce Gouvernement ses engagements en matière de justice et d’équité ;

    – et pour lui interdire de se cacher derrière une réforme prétendue systémique pour programmer la baisse généralisée des pensions.

    Nous nous sommes toujours battus pour faire avancer l’égalité entre les retraites du privé, du public et des régimes spéciaux : la suppression de ces régimes s’impose désormais non seulement pour des raisons budgétaires mais aussi pour garantir le maintien de notre pacte social.

    Restant à votre écoute, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de ma considération distinguée.

     

    Emmanuelle ANTHOINE