• Réduction de charges pour travailleurs occasionnels dite « réduction TO-DE »

  • Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 prévoit la suppression du dispositif d’aide à l’emploi des saisonniers en même temps que le CICE. Autrement dit, il est envisagé de supprimer la réduction de charges pour travailleurs occasionnels dite « réduction TO-DE ».

    Cette suppression aurait un impact désastreux pour les exploitants agricoles qui subiraient une hausse moyenne des charges de 189 euros par mois par saisonnier. D’après les chiffres de la Mutualité Sociale Agricole, l’emploi saisonnier a totalisé près de 164 millions d’heures en 2016, soit pas loin de 13 % de l’ensemble des heures travaillés dans le secteur agricole. Le maraîchage, la viticulture, l’horticulture, l’arboriculture dépendent de ce type de contrats.

    La suppression du TO-DE déstabiliserait l’équilibre financier d’un nombre considérable d’exploitations promises à la faillite. Ce, alors que les dépôts de bilan sont déjà légion dans le secteur.

    Cette suppression est en contradiction avec l’objectif d’amélioration du revenu des agriculteurs pourtant défendu par le Gouvernement dans le projet de loi Egalim.

    En Allemagne, le coût pour l’employeur d’une heure de travail saisonnier est de 8,84 euros, contre 12,11 euros en France. Les contrats de travail inférieurs à 70 jours sont exonérés de charges sociales outre-Rhin. En Italie et en Espagne, le coût horaire est entre 35 % et 37 % moins cher qu’en France.

    C’est la compétitivité de notre agriculture qui serait compromise avec la suppression du TO-DE alors que ce secteur est exportateur net et contribue au rééquilibrage de la balance commerciale française. Cette balance commerciale risque d’être d’autant plus déséquilibrée à l’avenir. Surtout que c’est l’une de nos meilleures filières exportatrices qui est la plus impactée : la viticulture.

    Le recours au travail saisonnier n’est pas un choix de gestion du personnel, c’est une véritable contrainte naturelle subie par les agriculteurs du fait de la nature cyclique des cultures en particulier en viticulture.

    Outre le fait d’avoir à faire face à une hausse de charge supplémentaire, les agriculteurs, déjà fortement handicapés par la concurrence européenne, n’auront pas d’autre solution que de recourir aux travailleurs détachés.

    Pour toutes ces raisons Emmanuelle ANTHOINE a déposé un amendement de suppression de la disposition du Gouvernement afin de préserver le dispositif TO-DE. Elle est intervenue dans l’hémicycle face à l’opposition de Didier GUILLAUME, Ministre de l’Agriculture, à un amendement de la commission des affaires sociales qui prévoyait le maintien du TO/DE.

    S’étant particulièrement impliquée pour défendre les exploitations agricoles, Madame ANTHOINE n’a pu obtenir gain de cause face à l’obstination du Ministre.