• Depuis 1995 et le lancement de la professionnalisation des armées, la Défense connaît de profondes mutations. Après le Livre Blanc de 2008 et la Loi de programmation 2009-2014, le secteur de la Défense connaît à nouveau une période d’importance majeure avec la publication en avril 2013, d’un nouveau Livre Blanc sur la Défense et la sécurité nationale et l’examen d’une nouvelle Loi de programmation militaire pour les années 2014-2019. 

    Face aux évènements terroristes qui frappent directement le sol national, la LPM de 2014 voit son actualisation votée dès 2015. Le conseil de défense d’avril 2016 arbitrera lui aussi en faveur d’une nouvelle augmentation des crédits consacrés aux armées. En juin 2017, juste après son élection à la Présidence de la République, Emmanuel Macron rompt avec la tradition des Livres blancs et confie à la ministre des Armées la responsabilité de conduire une revue stratégique de défense et de sécurité nationale. L’objectif est de tirer les leçons de l’évolution du contexte stratégique depuis le Livre blanc de 2013 (menace terroriste élevée, stratégie de puissance…) afin de préparer l’élaboration de la prochaine LPM qui doit permettre de porter l’effort de défense à 2% du PIB en 2025, soit 50 milliards d’€ par an. Cette revue est conduite par « un comité de rédaction de la revue stratégique » présidé par Arnaud Danjean. Elle a été présentée au Président de la République en Conseil de Défense le jeudi 12 octobre 2017. Moins de quatre mois plus tard une nouvelle Loi de Programmation militaire pour les années 2019-2025 est présentée en Conseil des Ministres. Cet exercice, capital pour la Défense, fixe pour les 7 ans à venir les grandes orientations stratégiques, politiques, budgétaires et industrielles d’un secteur qui pèse encore de manière très significative sur la vie économique et locale du pays. Il faut noter le choix d’une équation budgétaire peu classique partageant la LPM en deux périodes. Au total, les besoins affichés par la LPM 2019-2025 s’élèvent à 295 Mds d’€ (rapport annexé) mais il convient de noter que seule la période 2019-2023 est inscrite dans le texte (198 Mds €). La période 2024-2025 sera précisée dans le cadre de l’actualisation « en fonction de la situation macroéconomique à cette date ainsi que l’objectif de porter l’effort de défense à 2% du PIB en 2025 ».