• « Je m’oppose à la privatisation du groupe ADP (Aéroports de Paris) actuellement en cours d’examen à l’assemblée Nationale, à l’occasion de la loi PACTE. »

    Les aéroports parisiens représentent la première porte d’entrée en France et constituent donc une frontière stratégique. Avec 100 millions de passagers par an, ADP est un lieu de transit important des migrations internationales, son contrôle par l’Etat est alors essentiel pour assurer la souveraineté nationale.

    C’est aussi notre premier point de contact avec le reste du Monde et l’infrastructure de transport la plus importante de notre pays. Il s’agit donc d’une entreprise stratégique dont l’importance est telle qu’elle ne saurait échapper à l’Etat, garant de l’intérêt général.

    Rien ne justifie une telle privatisation !

    L’explication du Gouvernement est que le produit de la cession de ses parts dans l’entreprise abondera un fonds pour l’innovation qui devrait générer un rendement annuel de 200 à 300 millions d’euros. Or, ce chiffre correspond au montant des dividendes que l’État touche aujourd’hui grâce à ses participations. Nous pourrions tout aussi bien consacrer cette somme à l’innovation, sans avoir à passer par une privatisation.

    Surtout, nous sommes en droit de nous demander si cette privatisation ne vise pas, avant tout, à combler le déficit budgétaire de l’Etat en suivant une visée de court-terme préjudiciable à long-terme.

    En effet, il est intéressant de noter que cette cession rapporterait environ 10 milliards d’euros à l’État, ce qui correspond à peu près au coût annuel des mesures annoncées par Emmanuel Macron en réponse à la crise des gilets jaunes. Le Gouvernement fait alors le choix de la facilité, par cette opération, plutôt que d’entreprendre les efforts nécessaires au rétablissement de l’équilibre budgétaire.

    Cette privatisation se révèle par ailleurs hasardeuse et ne fera que des perdants.

    Du fait de la hausse du trafic aérien, le rendement des participations de l’Etat ne devrait cesser d’augmenter à l’avenir et la puissance publique se prive ainsi de revenus futurs conséquents. Il apparaît alors inopportun de privatiser une entreprise si prospère dans un contexte budgétaire tendu.

    Nous sommes également en droit de douter du bien-fondé de cette opération alors que le rapporteur public de la cour administrative de Paris a recommandé, lundi, l’annulation de la privatisation partielle de l’aéroport de Toulouse-Blagnac…

    Remarquons enfin que les États-Unis et l’Allemagne, qui ne sont pas les plus fervents adeptes du collectivisme, tiennent à garder leurs grands aéroports dans la sphère publique. Cela démontre la pertinence d’un contrôle de ces infrastructures par la puissance étatique.

    La privatisation du groupe ADP apparaît alors comme un non-sens.