• Face à l’ahurissante affaire BENALLA, Emmanuelle ANTHOINE a cosigné la motion de censure présentée par le groupe les Républicains.

    Cette motion de censure n’a pas pour objet de renverser le Gouvernement, ce qui est impossible en l’état des équilibres politiques à l’Assemblée nationale. Elle a pour but de contraindre le Premier ministre à s’exprimer devant le Parlement sur cette affaire. Le chef du Gouvernement a, en effet, refusé de recourir à l’article 50-1 de la Constitution comme le groupe Les Républicains l’y a invité. Celui-ci prévoit que « Devant l’une ou l’autre des assemblées, le Gouvernement peut, de sa propre initiative ou à la demande d’un groupe parlementaire au sens de l’article 51-1, faire, sur un sujet déterminé, une déclaration qui donne lieu à débat et peut, s’il le décide, faire l’objet d’un vote sans engager sa responsabilité. ». Monsieur le Premier ministre aurait ainsi pu s’exprimer sur le sujet, avec ou sans débat.

    Les images abjectes de ce proche d’Emmanuel MACRON assénant des coups à un homme à terre n’ont pas manqué de nous choquer dans l’état de droit qui est le nôtre. Surtout, le fait qu’un membre de l’Élysée usurpe les fonctions de policier pour perpétrer des violences gratuites contre un manifestant exprimant son désaccord avec la politique gouvernementale, nous inquiète. Cette attitude expose les forces de l’ordre a un discrédit d’autant plus grave que de trop nombreuses personnes leur expriment une hostilité insupportable.

    Elle nous inquiète, parce qu’à l’Élysée s’est constituée une bande de barbouzes au comportement inacceptable. Outre le tabassage d’opposants, c’est le sentiment d’impunité qui nous préoccupe. Ainsi, le journal Le Monde a mis en évidence au cours des derniers jours les pratiques de ces individus. L’un laisse trainer son pistolet automatique dans les bureaux du candidat MACRON, d’autres jettent une bouteille au visage d’un bénévole, Alexandre BENALLA joue au policier. Ce dernier loue des véhicules semblables aux forces de l’ordre, les équipe de gyrophares réservés aux forces de l’ordre et de pare-soleil « police », conduit le candidat MACRON à 200 km/h sur l’autoroute (beaucoup plus que les 80 km/h auxquels le Premier ministre nous condamne sur les routes secondaires). Surtout, il équipe ses hommes d’armes sans disposer des autorisations nécessaires.

    Le plus préoccupant est que le candidat MACRON devenu Président impose ses gardes du corps personnels contre les professionnels de police chargés de la sécurité du chef de l’État (le GSPR). Il crée alors une garde prétorienne de barbouzes à l’Élysée, créant les conditions du scandale d’État que nous vivons désormais.

    C’est pour répondre aux innombrables questions soulevées par ces pratiques que le groupe les Républicains a été à l’initiative de la création d’une commission d’enquête.

    Le hasard a voulu que les révélations sur ces pratiques surviennent à l’occasion de l’examen du projet de loi constitutionnelle qui prévoit un affaiblissement du Parlement. Cette affaire révèle, en effet, la nécessité de disposer d’un Parlement fort, pouvant faire office de contre-pouvoir face à l’Élysée afin d’empêcher les excès dont il pourrait se rendre coupable.

    Détail du scrutin : Pour l’adoption : 143

    Compte rendu de la séance