• La pêche électrique consiste à capturer des poissons à l’aide de décharges électriques envoyées par les chaluts à perche (filets fixés à une armature rigide et lestés pour racler les fonds) dans le sédiment afin de capturer plus facilement les poissons plats (soles, limandes, carrelets…) qui y sont enfouis.

    Interdite dans l’Union Européenne depuis 1998, une dérogation était toutefois en œuvre depuis 2007 afin d’autoriser cette pratique dans une partie de la mer du Nord (comprise entre le Royaume-Uni, la France, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark) et permettant la pêche au moyen de chalut électrique à titre expérimental dans la limite maximale de 5 % de la flotte de chalutiers à perche de chaque pays de l’Union européenne opérant en mer du Nord.

    Le 21 novembre 2017, la commission de la pêche du Parlement européen a voté un possible élargissement de cette pratique, supprimant toute limite en Mer du Nord, et l’étendant notamment à tous les types de pêche, et plus seulement les flottes de chalut. Soumis à un vote en plénière le 16 janvier 2018, le Parlement Européen a finalement interdit totalement cette pratique. Particulièrement décriée, alors qu’elle est censée viser les poissons plats, elle n’est en réalité aucunement sélective. De plus, les pêcheurs des Pays-Bas ne respectant pas les quotas de bateaux autorisés, ils disposent donc de la plus grande part du produit de cette pêche, limitant les rendements des pêcheurs des autres Etats et portant atteinte au renouvellement des espèces en Mer du Nord.

    Cette Proposition de Résolution européenne a donc pour objet de se féliciter « du vote du Parlement européen intervenu en séance plénière le 16 janvier 2018 et souhaite que les autorités françaises s’opposent à l’autorisation de cette technique, sous toutes ses formes, y compris dans le cadre du maintien ou d’une prorogation des dérogations actuelles ».

    Aussi, compte-tenu des impacts particulièrement négatifs pour les pêcheurs français qui respectent les quotas et les normes contraignantes en matière de pêche, les plaçant en tête du combat pour la préservation de la biodiversité marine et la gestion durable des ressources halieutiques, il convient nécessairement de soutenir ce vote du Parlement Européen et donc de voter en faveur de cette PPR, même si l’on peut légitimement se poser la question de l’intérêt réel d’une telle résolution.

     

    EXAMEN EN COMMISSION

    Lors de l’examen en commission, le rapporteur a tenu à rappeler les raisons du soutien de la France à cette interdiction :

    •  Distorsion de concurrence manifeste entre les navires néerlandais (84 navires armés de chaluts à impulsion électrique    contre 15 autorisés par l’expérimentation) et ceux des autres pays limitrophes de la zone de pêche expérimentale,
    •  Poissons pêchés de moins bonne qualité du fait des impulsions électriques qui les abiment,
    •  Chimie de l’eau modifiée par l’usage de l’électricité,
    •  Impacts importants sur les ressources halieutiques du fait d’une pêche massive et non sélective.

    Par ailleurs, le rapporteur du texte de la commission des affaires européennes est intervenu afin de préciser que les Pays-Bas effectuaient un lobbying très fort auprès des institutions européennes dans le but de pouvoir garder leur armada et de pérenniser cette expérimentation. Les négociations s’annoncent donc difficiles et le gouvernement français aura besoin du soutien de la représentation nationale dans ce dossier, cette interdiction ayant été adoptée par 402 voix pour et 232 contre au Parlement européen.

    Ainsi, alors qu’il nous faut soutenir le secteur de la pêche maritime, en particulier les pêcheurs du Nord de la France, et rappeler que notre pays, deuxième espace maritime mondial, est à la pointe en matière de pêche et de respect des ressources halieutiques, je soutiendrai cette résolution.