• Communiqué d’Emmanuelle ANTHOINE à la suite de l’examen tronqué de la proposition de loi de son collègue Aurélien Pradié

     

    Le nombre d’enfants handicapés au sein de l’institution scolaire ne cesse de croître. Ils sont désormais 340 000 après une augmentation de 6% en seulement un an.

    Ce chiffre nous oblige, il nous oblige à agir afin de donner tout son sens à l’école de la République. Celle-ci ne saurait en effet laisser ces enfants de côté.

    Il est de l’honneur de la République française d’avoir créé, par la loi du 11 février 2005, l’obligation de scolarité pour les enfants en situation de handicap.

    Mais pour donner corps à ce principe, il faut des accompagnants qui se dévouent chaque jour à permettre l’égalité des chances pour ces élèves.

    Ils sont 110 000 et n’ont ni statut, ni reconnaissance, ni formation suffisantes. Ils exercent un métier peu attractif et faiblement rémunéré. Nous ne pouvons continuer dans cette voie.

    D’autant plus qu’à chaque rentrée, des enfants ne peuvent rejoindre l’école, faute d’accompagnants.

    Cette pénurie d’accompagnants n’est pas acceptable. Elle est à l’origine d’un véritable parcours du combattant pour les familles d’enfants handicapés.

    Je tiens au passage à rendre hommage au travail remarquable que font les associations et notamment l’ADAPEI de la Drôme avec laquelle j’ai eu l’occasion de travailler.

    J’aimerais aussi et surtout attirer votre attention sur l’absence de données précises sur le nombre d’élèves en attente d’accompagnants. L’Unapei nous dit à ce sujet : « Ne pas communiquer les données, c’est maintenir un tabou sur le handicap ». Il faudrait donc plus de transparence sur ce point de la part du ministère.

    La proposition de loi de mon collègue Aurélien Pradié que nous examinons aujourd’hui permet de répondre à toutes ces problématiques.

    Jean-Michel Blanquer a fait de l’école inclusive l’un de ses axes forts, cette proposition de loi s’inscrit dans cet axe.

    C’est une disposition qui est attendue par les familles des 340 000 enfants handicapés qui ne parviennent toujours pas à trouver pleinement leur place au sein de l’école de la République.

    Je regrette que la majorité La République En Marche à l’Assemblée nationale ait décidé d’adopter une motion de rejet préalable empêchant tout débat sur le sujet. Cette proposition de loi a donc été rejetée sans même que nous puissions la discuter et défendre des dispositions qui me semble nécessaires.