• Judiciarisation et la Criminalisation de l’action militante

    Paris, Bordeaux, Toulouse, Clermont-Ferrand et tant d’autres : les villes de notre pays ont eu à souffrir des excès destructeurs d’une minorité agissante de casseurs. À chaque fois, c’est la consternation pour nos concitoyens qui découvrent leur cité rendue méconnaissable par le passage de ce flot dévastateur. Vitres brisées, commerces vandalisés, banques incendiées, arrêts de bus ravagés, poubelles renversées auxquelles on a mis le feu, tags insultants et menaçants, c’est le chaos qui s’invite dans l’espace public depuis de longs mois. Surtout, ce sont les biens publics, financés par les impôts de tout un chacun, pour le bénéfice de l’ensemble des citoyens, qui sont ainsi détruits.

    Les samedis après-midi, de nombreux Français sont privés de la liberté de flâner dans leur ville, contraints de rester chez eux pour ne pas prendre le risque d’être confrontés aux scènes de guérilla urbaine que nous infligent quelques révolutionnaires prétendument épris de liberté. Nous y perdons alors tous, une première fois en étant privés de la possibilité de se mouvoir en toute sérénité au sein de l’espace public les jours de mobilisation, une deuxième fois en perdant la jouissance du mobilier urbain et une troisième fois en devant financer les réparations par nos impôts.

    Que dire également de ces commerçants qui ont dû mettre la clé sous la porte, subissant la chute des ventes provoquée par les blocages et les samedis sans client ? Que dire de ces propriétaires de petits commerces, qui ont vu le travail parfois de toute une vie, la fierté de décennies de labeur vandalisés, pillés, parce que leur vitrine était sur l’itinéraire de ces cortèges de casseurs ?

    Ces dérives desservent profondément l’action militante des manifestants qui défendent une cause. Les conséquences de ces actes vont à l’encontre des convictions ainsi défendues. Les pertes d’emplois dans le commerce sont à l’opposé de la défense des travailleurs.

    La dégradation de l’espace public est contradictoire avec l’attachement au collectif. Les destructions sont l’inverse de la logique de protection de l’environnement.

    En outre, ces actes rendent inaudibles les causes défendues par les manifestants. Qui est capable de dire ce que les manifestants clermontois du dernier week-end de février défendaient ? Non seulement les violences éclipsent les sujets de fond du fait du choc qu’elles provoquent dans l’opinion, mais cette dernière devient hostile à ceux qu’elle tient pour responsables du désordre ainsi suscité.

    C’est pour toutes ces raisons qu’une loi visant à prévenir les violences lors des manifestations et à sanctionner leurs auteurs s’avère particulièrement nécessaire. Oui, la majorité sénatoriale a eu raison d’offrir cette proposition de loi au débat public : loin de bafouer le droit de manifester, elle le protège ! Ce texte ne porte aucunement atteinte aux libertés publiques. Ses dispositions sont très encadrées et circonscrites à la prévention des violences. Il n’y a là aucune atteinte aux libertés…

    mais plutôt la défense et la réaffirmation de celles-ci, comme la liberté de se déplacer en toute sécurité dans nos villes les week-ends, la liberté de travailler, la liberté de rendre audible du grand public la cause qui nous a fait descendre dans la rue, la liberté de jouir des espaces et du mobilier publics financés par la collectivité et, en fin de compte, par nous tous !

    S’opposer à une telle proposition de loi, ce serait s’opposer aux garanties qu’elle offre et par conséquent s’opposer à ces libertés. C’est soutenir de façon irresponsable ces dérives et ces violences qui meurtrissent un pays attaché à son art de vivre collectif et à son pacte républicain. (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

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