• Discours d'Emmanuelle ANTHOINE

    Monsieur le Secrétaire général de la Préfecture,

    Monsieur le Vice-Président du conseil régional et Président de la communauté d’agglomération Valence Romans Agglo,

    Madame la présidente du conseil départemental, mes chers collègues Vice-Présidents et conseillers départementaux,

    Monsieur le Maire de Saint Donat, mon cher Aimé,

    Mesdames messieurs les élus,

    Monsieur le Représentant du commandant du groupement de Gendarmerie de la Drôme,

    Monsieur le Représentant du SDIS, Messieurs les Chefs de Centre d’incendie et de secours,

    Mesdames, Messieurs, les Représentants des autorités civiles et militaires,

    Messieurs les Représentants du monde combattant, économique et associatif,

    Mesdames et Messieurs,

    et enfin Chers Amis,

    Je te remercie, Monsieur le maire, mon Cher Aimé, de nous accueillir, ici, à Saint Donat, pour la deuxième cérémonie de vœux que j'organise, en tant que députée de la 4ème circonscription de la Drôme.

    C'est avec le plus grand plaisir, que je me tiens, ce soir, dans cette salle, devant vous. Car Saint Donat mon cher Aimé, c’est « ta » ville et je me permets ce possessif, vu l’amour que tu lui prêtes, que tu prêtes à ses habitants. Habité par l’intérêt général et le sens de l’équité, tu œuvres depuis 50 ans et défends avec passion notre Drôme des collines, dont tu connais les moindres chemins, les moindres recoins. Sois assuré de mon amitié, que je partage avec ton épouse et ta famille.

    Donc, si nous sommes réunis ce soir dans ta commune, Aimé, tu le sais bien, ce n'est pas par hasard, mais parce qu'il était important pour moi en tant que députée, que cette deuxième cérémonie, se déroule, au chef-lieu de notre canton de Drôme des collines, où j'ai été élue conseillère départementale. Ce mandat de conseillère départementale qui justifie mon accroche au territoire.

    Bienvenue, Monsieur le Secrétaire Général, dans votre arrondissement, Monsieur le Vice-président de la région, Madame la Présidente du conseil départemental, ainsi que vous tous, qui êtes venus jusqu'ici, pour me donner l'occasion de célébrer au cœur de la Drome des collines, cette nouvelle année.

    Une cérémonie sur le fil du mois de janvier, ce qui nous permettra de savourer encore plus ces derniers vœux, qui n’ont pas perdu de leur pétillant.

    Merci à vous tous, pour votre présence.

    Merci à mon Suppléant, Christian GAUTHIER, de sa présence toujours fidèle à mes côtés, pour m’aider dans mes fonctions.

    Merci à vous mes amis, mon époux et mes enfants, mes Collaboratrices, qui par vos talents, faites que cette soirée soit réussie.

    Un merci particulier aux jeunes conseillers municipaux de ST MARTIN D’AOUT, présents ce soir, engagés dans leur commune pour vivre au quotidien leur citoyenneté. Je vous propose de les applaudir et leur demande de venir à mes côtés sur cette scène.

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    Pour moi, votre présence ici ce soir est tout un symbole. Car ceux qui me connaissent, ceux qui sillonnent avec moi les routes de nos campagnes et m’accompagnent au cœur de ma mission, savent l'affection que je porte à ce territoire. Un territoire pas encore assez connu à mon goût, mais que le film « L’incroyable histoire du facteur Cheval » va promouvoir et inciter à venir le découvrir.

    Ferdinand Cheval l’a inlassablement parcouru. « Au chant de l’alouette, le matin avec ma fidèle brouette. Je parcourais le chemin. J’ai parcouru les ravins, les côteaux, les endroits les plus arides », disait-il.

    Un territoire pourtant d'une extraordinaire diversité, riche de ses paysages, de ses savoirs faire, et plus que tout, de ces femmes et hommes, qui peuplent nos campagnes, nos villes et nos villages, et qui cimentent son âme.

    J’aimerais commencer ce discours par cette citation de Jules Renard : « Lorsque l’avenir est sans espoir, le présent prend une amertume ignoble ». Elle ne transpire pas l’optimisme, j’en conviens, mais elle semble, selon moi, illustrer parfaitement l’état d’esprit actuel, au temps des gilets jaunes.

    A l’heure où nous refermons nos agendas, siglés de 2018, pour ouvrir ceux qui arborent le nombre 2019, prenons le temps, de revenir sur l’année écoulée et sur cette crise inédite, qu’elle nous laisse en héritage.

    La coupe était pleine et nous ne pouvons que comprendre et partager le ras-le-bol général, qui est à l’origine du mouvement.

    Emmanuel Macron a été élu sur sa promesse de supprimer la taxe d’habitation. Cette promesse d’un bol d’air fiscal, a eu un rôle déterminant sur l’issue de l’élection.

    Mais sous son mandat, les français ont connu la baisse des APL, la hausse de la CSG, la désindexation des pensions de retraites, une hausse de la taxe d’habitation lorsque celle-ci devait baisser et une augmentation drastique du prix des carburants.

    Et surtout les Français ont l’impression d’avoir été trompés. Avec l’élection d’un jeune président au pouvoir, qui se voulait au-delà des partis, il y a eu un espoir de changement et de nouveau souffle pour la France. Or, aujourd’hui les Français tombent d’encore plus haut, car non seulement il n’y a pas eu les réformes structurelles attendues, mais la situation ne fait qu’empirer. Et c’est ce ras le bol en fait qu’exprime aujourd’hui le mouvement des gilets jaunes.

    Alors on parle beaucoup de pouvoir d’achat. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? En fait le pouvoir d’achat, c’est quelque chose d’abstrait.

    Dans la réalité, le pouvoir d’achat, c’est une perte de sens. Ce sont des gens qui manifestent aujourd’hui, et qui travaillent. Mais qui n’arrivent plus à joindre les 2 bouts. Et cette perte de sens est le fait qu’ils se lèvent tous les matins, ils vont travailler mais à la fin du mois il ne reste rien. Le travail n’est plus récompensé à sa juste mesure. L’espoir de voir ses enfants faire mieux que soi, s’est envolé, l’espoir de pouvoir ne serait-ce que payer des études à ses enfants n’est plus certain.

    Et quand il n’y a plus cet espoir de voir dans les générations futures sortir des choses meilleures, que dans nos propres générations, alors c’est la crise, c’est le désespoir, qui minent et qui rongent.

    La France est le pays avec le plus de prélèvements obligatoires au monde. Avec un taux de 47,6%, la France est championne du Monde. Nous sommes passés devant le Danemark, alors qu’Emmanuel Macron promettait de faire baisser ce taux de 1 point en le faisant passer à 44%.

    Les études s’accumulent pour montrer que les classes moyennes et populaires ont perdu en pouvoir d’achat avec la fiscalité de ce Gouvernement.

    Le Président explique aux Français que le travail est mieux récompensé grâce aux baisses de cotisations. Mais les retraités qui ont travaillé toute leur vie, jusqu’à 40 heures par semaine, voient leur pension réduite à la portion congrue, rongée par la hausse de la CSG et l’inflation ; ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts.

    Les actifs eux, ont une vingtaine d’euros de cotisation en moins à payer, mais tellement plus à la pompe pour pouvoir se rendre à leur travail tous les jours.

    Quant à la suppression de la taxe d’habitation, on ne sait toujours pas comment elle sera financée et elle ne concernera ni les 20% des français qui en étaient exemptés, ni les 20% des français qui en sont exclus.

    Entre temps le déficit structurel ne baisse toujours pas, autrement dit, le Gouvernement ne fait pas les efforts budgétaires qu’il impose aux collectivités locales et aux Français.

    En parallèle, la confiance envers le Gouvernement et le Président de la République n’a cessé de s’éroder tout au long de l’année. Il y a d’abord eu les 80 km/h, sur lesquels j’ai été très mobilisée, car c’était selon moi une méconnaissance totale de notre ruralité. Il y a eu ensuite l’affaire Benalla, puis les deux principaux ministres d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot et Gérard Collomb, qui ont démissionné pour exprimer leurs désaccords. Il y a eu cette année pas moins de 3 motions de censure contre le Gouvernement !

    C’est donc dans ce contexte de défiance qu’a émergé la crise des gilets jaunes.

    J’ai soutenu les gilets jaunes dès l’origine du mouvement parce que j’estimais leur mécontentement et leurs aspirations légitimes.

    Mais je dénonce les comportements violents qui se sont faits jour contre nos forces de l’ordre, contre les commerces, contre les symboles de notre République et notamment l’Arc de Triomphe. Nous avons tous été choqués par ces images qui ne reflètent pas l’essence du mouvement. Et nous pouvons nous inquiéter des excès du mouvement des gilets jaunes.

    Je tiens à redire devant vous mon soutien aux forces de l’ordre dans leur mission. Une mission difficile dans un contexte compliqué.

    Mais cette crise des gilets jaunes aura eu le mérite de faire reculer le Gouvernement.

    Monsieur Macron a ainsi dû renoncer aux hausses de taxes sur les carburants. Il y a notamment l’abandon des nouvelles taxes sur le gazole non routier. Cette mesure aurait eu pour effet d’alourdir fortement les charges des entreprises du bâtiment et de l’industrie extractive. Je m’y étais opposé dès la présentation du projet de loi de finance et on a fini par l’emporter !

    Il y a ensuite eu les annonces du Président qui donnaient satisfaction à plusieurs revendications que nous défendions.
    La suppression de la hausse de la CSG pour les retraités et la défiscalisation des heures supplémentaires au premier chef.

    Mais la revalorisation des pensions de retraite est toujours désindexée de l’inflation, 3,5 millions de retraités ne seront pas concernés par ce retour à la normale et aucune compensation de la CSG supplémentaire acquittée cette année n’est prévue.

    De plus, les heures supplémentaires ne sont toujours pas exemptées de cotisations patronales comme au temps de Nicolas Sarkozy où la mesure avait représenté un gain considérable de pouvoir d’achat.

    Aujourd’hui il y a une véritable défiance à l’égard de l’ensemble des institutions de notre société, ce qui ne présage rien de bon pour l’avenir.

    On ne peut pas ne pas être à l’écoute de la crise de la représentation parlementaire. Emmanuel MACRON n’a fait que défier les institutions parlementaires, pour en fait les remplacer par toujours plus d’état, toujours plus d’administration. Il a eu cette volonté d’avoir des « députés hors sols », de couper les députés de leur lien territorial. Supprimer la réserve parlementaire, - qui était destinée aux communes et aux associations-, et ce, sous le prétexte de lutter contre un certain clientélisme, n’a fait que renforcer le rôle de l’état, puisque dorénavant c’est l’état qui chapeaute l’attribution de subventions aux associations.

    En tant que députée, cela me fait mal de voir cet antiparlementarisme, qui traverse notre pays, car je mets dans ce mandat le meilleur de moi-même. Je travaille d’arrache-pied, je participe avec toute ma volonté, tout mon cœur et toutes mes capacités pour pouvoir servir mon territoire et servir la France.

    Cependant les sujets qui sont évoqués actuellement, doivent l’être différemment. Sans doute parce que l’on est arrivé au bout d’une époque et que notre société est en train de muter vers une société différente, où l’on a sans doute sous-estimé la révolution que représentent internet et les réseaux sociaux. Une révolution qui est aussi importante que l’imprimerie ou l’électricité.

    Cela change les structures mentales de ces jeunes, qui, aujourd’hui, n’ont connu que le numérique, le smart phone et les tablettes.

    Cela change aussi la manière d’appréhender la démocratie.

    Et on ne peut pas en tant que députée, ne pas être à l’écoute de cette volonté, de ce besoin des citoyens de participer davantage à la prise de décision. Or, aujourd’hui en tant qu’élu, si on refuse d’écouter ce message, c’est notre régime de démocratie représentative qui va se heurter à un populisme grandissant, voire des totalitarismes, qui vont mettre en péril notre démocratie représentative.

    Si on veut qu’elle survive, il faut qu’elle s’ouvre et qu’elle soit à l’écoute de ce besoin de participation citoyenne.

    Alors, comment le faire ? Voilà le débat qu’il faudrait ouvrir aujourd’hui. Le grand soir parlementaire, la grande révolution institutionnelle attendue après l’élection d’Emmanuel Macron, elle est là. Alors, dans quelle mesure, il faut y répondre, dans quelle proportion et comment, ce sont autant de questions à régler.

    Mais à la question de la participation se pose aussi celle de la responsabilité. En participant davantage, les Français seront ainsi responsables des décisions prises. Les réformes structurelles dont notre pays a besoin, ne pourront se faire qu’avec les Français. Il y aura des choix à faire et pourquoi ne pas engager les Français sur ces choix fondamentaux qui vont engager le pays sur des décennies ? et dans de telles conditions, n’y aurait-il pas la place d’un référendum citoyen pour y répondre ?

    Le président de la République fait opportunément le lit de l’antiparlementarisme.

    Il a alimenté la défiance en faisant adopter en guise de première loi du quinquennat une loi de moralisation qui pointait du doigt les parlementaires. Cette loi est venue acter la déterritorialisation des parlementaires en supprimant l’enveloppe qu’ils pouvaient consacrer aux communes et aux associations, mesure venant s’ajouter à la suppression du cumul avec les mandats locaux. Que l’on ne s’étonne pas d’avoir des députés de plus en plus coupés du territoire.

    Et il y a le message implicite, franchement hostile aux parlementaires, que contient son projet de réforme des institutions avec la baisse prévue de leur nombre. Si une diminution du nombre de parlementaires peut être légitimement envisagée, pour autant il conviendra de veiller à ne pas affaiblir la mission constitutionnelle de l’Assemblée nationale et sa légitimité.

    Avec cette réforme, nous serons de très loin, le pays avec le moins de parlementaires par citoyen. Cela représentera un éloignement supplémentaire et alimentera la déconnexion. Surtout, les territoires ruraux ne seront pratiquement plus représentés à l’Assemblée.

    C’est cette politique du président de la République qui vient encourager les procès en inaction du Parlement.

    • C’est parce que je suis consciente de ce qui se dit sur la négligence ou la désinvolture de certains, une fois élus, que je veux et que je me dois de vous rendre des comptes. Je m’y suis engagée.

    Si vous m’avez élue députée, si vous m’avez donné votre confiance, c’est pour que je défende vos intérêts et ceux des Français.

    Etre élu, ce n’est pas un métier. Telle est ma conviction. C’est une responsabilité envers ses électeurs. Une mission qui nous est confiée pour défendre l’intérêt général, représenter les attentes et les convictions de ses électeurs. Et si je peux continuer à le faire avec assurance, c’est parce que je garde ce contact simple et direct avec vous et avec tous ceux qui me le demandent.

    C’est une responsabilité immense que vous m’avez confiée et je m’en acquitte chaque jour, avec le meilleur de vous, avec le meilleur de moi-même. En m’y consacrant totalement.

    • Cette année 2018 a été chargée sur le plan législatif. Nous avons étudié pas moins de 45 textes ce qui représente 1.500 heures de débat et 30.000 amendements.

    Avec de tels chiffres on ne peut pas dire que les députés ne travaillent pas, en tout cas on ne peut pas dire cela de tous les députés.

    J’ai pour ma part déposé 357 amendements et en ai cosigné avec mes collègues 5.124.

    J’ai déposé 5 Proposition de lois et en ai cosigné 155. J’ai posé au gouvernement 69 questions écrites et 4 questions orales.

    L’Assemblée nationale m’a notifié un taux d’assiduité de 100 % sur l’ensemble des scrutins solennels de la session législative ordinaire 2017/2018,

    J’ai ainsi eu la satisfaction d’être classée parmi les 100 députés les plus actifs dans un récent classement dont le Dauphiné s’est fait l’écho et la 1ère des départements de la Drôme et de l’Ardèche.

    • De nombreux textes présentaient des enjeux importants et ont retenu plus particulièrement mon attention.

    * Avec d’abord, le projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

    Je me suis particulièrement impliquée sur ce texte parce que c’est un sujet qui, vous le savez, me tient particulièrement à cœur. Comment imaginer qu’au XXI° siècle, 84.000 françaises soient chaque année victimes de viol ? Comment peut-on accepter qu’il y ait encore des familles qui contraignent leurs filles à des mariages forcés et à des mutilations sexuelles, souvent perpétrées à l’étranger ?

    Il faut renforcer la réponse pénale sur le sujet. C’est en ce sens que j’ai déposé plusieurs amendements sur le texte. Mais Mme SCHIAPPA s’est contentée d’un texte succinct, au contraire des livres où elle parle d’elle, et s’est opposée à toute extension.

    Le combat contre les violences sexuelles doit se poursuivre. Il doit se poursuivre contre toute forme de harcèlement.

    C’est pour cette raison que j’ai déposé, en fin d’année, une proposition de loi pour lutter contre le harcèlement scolaire.

    Il n’existe actuellement aucune définition formelle du harcèlement scolaire en l’état du droit. Pourtant 750.000 enfants en sont victimes chaque année. C’est pour cette raison que je pousse à la reconnaissance, dans la loi, de cette situation face à laquelle nous ne pouvons pas rester attentistes.

    Comme nous ne pouvons pas rester attentiste non plus à la situation de ces femmes isolées, exposées à la précarité financière et qui élèvent seules un ou plusieurs enfants.

    * Autre loi, très importante, discutée cette année : la loi EGALIM.

    Une loi importante, parce qu’il y était question d’une part de ce qui fait l’âme de la France : l’agriculture.

    Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir une agriculture de qualité qui se distingue de par le Monde. C’est elle qui a longtemps permis d’équilibrer notre balance commerciale et qui la maintient aujourd’hui à flot. Je suis convaincue qu’elle est une force, et plus encore, une richesse.

    Mais voilà maintenant deux décennies que ceux qui la font vivre, nos agriculteurs, ne parviennent plus à vivre décemment de leur activité. La population agricole ne cesse de chuter et connait une grave crise. Les faillites et les suicides d’agriculteurs se multiplient.

    Tout le monde sait que la précarité affecte durement les agriculteurs. Alors que leur activité est particulièrement difficile, exige un investissement quotidien dès les premières heures du jour, les chiffres de la Mutualité Sociale Agricole nous apprennent qu’en 2016, 20 % des agriculteurs ne pouvaient se verser de salaire et que 30 % touchaient moins de 350 euros par mois. Le salaire moyen d’un agriculteur est au niveau du SMIC !

    Il fallait donc un texte de loi ambitieux pour renforcer le pouvoir d’achat des agriculteurs. Le texte finalement adopté acte des avancés mais elles restent insuffisantes. Je portais notamment le relèvement du seuil à perte à 25%, il n’a été que de 10% ; je souhaitais un meilleur encadrement des prix abusivement bas, il a été renvoyé à un décret que le Gouvernement semble ne plus vouloir prendre étant donné la crise des gilets jaunes, et il en a été ainsi sur beaucoup d’autres points dont je ne rentrerai pas dans le détail.

    De fait, je me suis abstenue sur le texte, comme l’a d’ailleurs fait, par la suite, notre actuel ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume qui était alors Sénateur, preuve qu’il partageait mes doutes et qu’il lui reste beaucoup de travail pour améliorer les conditions de vie de nos agriculteurs.

    Mais il a eu un début au ministère de l’Agriculture pour le moins difficile avec la disposition qui voulait supprimer le dispositif TO/DE d’exonération de charges pour les travailleurs saisonniers. Cela aurait eu pour effet d’augmenter sensiblement les charges pesant sur les emplois saisonniers, à hauteur de 189€ par mois et par travailleur ! Ce n’est pas rien et cela menaçait très fortement l’équilibre financier de nombre d’exploitations.

    J’ai déposé de nombreux amendements pour défendre le maintien du dispositif. Et à force de se battre, avec le Sénat qui a également joué un rôle important sur ce sujet, nous avons réussi à faire évoluer le texte et à amener le Gouvernement à revoir sa copie. On a certes une régression par rapport au dispositif antérieur mais celui qui a été finalement adopté est bien meilleur que celui qui était initialement proposé.

    Pour en finir au sujet de l’agriculture, il y a bien évidemment la prédation du loup qui m’a occupée, mais aussi ce dossier préoccupant des subventions de la PAC pour les zones défavorisées simples. En effet, la version de découpage ZDS retenue pour le Nord Drôme est très inquiétante, et particulièrement, au titre de la continuité territoriale mise en avant par le gouvernement. Il est à noter que le reste du département est préservé, nous conduisant à nous interroger sur une décision politique. A plusieurs reprises, j’ai interpellé le Ministre de l’Agriculture de l’époque à ce sujet mais mes demandes sont restées « lettre morte ». Or, les enjeux économiques de cette déclassification sont importants. C’est la pérennité de nombreuses exploitations qui est remise en cause.

    Vous pouvez être assurés que je resterai particulièrement vigilante sur ce sujet et que je vais continuer à négocier pour que les 12 communes qui ont été exclues du zonage sur la circonscription soient réintégrées.

    Attentif à la solidarité avec ses agriculteurs, le Conseil départemental de la Drôme, sera en accompagnement sur ce dossier. Merci Marie-Pierre MOUTON.

    •  Evoquons ensuite la loi asile et immigration.

    Il s’agissait bien évidemment, avec ce texte, de renforcer l'efficacité de la lutte contre l'immigration irrégulière. Nous devons, en effet, faire preuve de fermeté et ne pas laisser les flux migratoires hors de contrôle. Nous devons alors réguler l’afflux de migrants, celui-ci est trop grand. Comme disait Michel Rocard, « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ».

    Mais ce texte, tel qu’il a été adopté, ne va pas assez loin pour garantir la sécurité de nos frontières. Beaucoup de travail reste à faire et il faut renforcer encore notre arsenal législatif.

    •  C’est pour cela que je suis intervenue en fin d’année auprès du Président de la République afin de l’exhorter à ne pas signer le Pacte de Marrakech sur les migrations, sans que l’Assemblée nationale ne soit consultée. Même si ce pacte n’est pas juridiquement contraignant, sa ratification a nécessairement un impact sur la souveraineté nationale des états signataires. Si la France demeure un pays d’accueil, garant du droit d’asile, pour autant sa capacité d’accueil reste limitée.

    * Par ailleurs, d’autres lois ont marqué l’année.

    • La loi ELAN sur le logement a suscité ma plus grande vigilance, car elle revenait sur des normes d’accessibilité en faveur des personnes handicapées qui subissent déjà au quotidien tant d’obstacles !
    • La loi PACTE, ensuite, c’est une loi fourre-tout qui doit simplifier notre vie économique et qui est encore en discussion sans que l’on sache quand nous pourrons finalement l’adopter.
    • La loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel. J’ai proposé par voie d’amendement d’améliorer l’accès des travailleurs handicapés à la formation professionnelle, alors qu’ils font face à un taux de chômage particulièrement élevé. J’ai veillé à soutenir la protection des salariés face à la procédure de licenciement pour inaptitude, qui conduit trop souvent à une désinsertion professionnelle.

    Par ailleurs, au sujet de l’assurance chômage, j’ai souhaité promouvoir un meilleur accompagnement des chômeurs, davantage personnalisé, dans le sens d’une amélioration du retour vers l’emploi.

    * Nous discutons, par ailleurs, en ce moment, d’une réforme de la Justice.

    Par mon passé professionnel d’avocate, vous imaginez bien que ce texte m’intéresse fortement. J’ai d’ailleurs déjà déposé plus de 130 amendements.

    Mais ce qui doit retenir plus particulièrement notre attention, c’est la disposition qui prévoit de fusionner les tribunaux d’instance avec les tribunaux de grande instance.

    J’estime que la proximité de la Justice, tout comme d’ailleurs son humanité, sont essentielle. On ne peut pas parler d’accès à la Justice lorsque le justiciable doit traverser tout le département pour se rendre au tribunal.

    Et cette réforme que porte la Garde des Sceaux, contient en elle le risque de voir nombre de petits tribunaux, souvent situés en zone rurale, fermer. Cela ne serait pas acceptable.

    Nos territoires ruraux souffrent déjà trop ! Le recul des services publics, les fermetures de classes, les 80 km/h, les déserts médicaux et maintenant les tribunaux qui s’éloignent ! Ce n’est pas possible, c’est pourquoi je m’engage à défendre les territoires ruraux pour qu’ils ne deviennent pas les oubliés de notre République.

    J’ai d’ailleurs malheureusement eu à devoir lutter contre les déserts médicaux dans la circonscription, cette année. Rappelez-vous, les Urgences de l’hôpital de Saint-Vallier ont été fermées de nuit pendant l’été et même fermées complètement tout le mois d’août. J’ai alors bataillé en rencontrant notamment le directeur de l’hôpital, le Directeur de l’ARS, en interpellant la ministre de la Santé mais la situation n’est toujours pas satisfaisante. Le combat est encore loin d’être gagné malheureusement. Nous devrons rester très vigilants pour veiller au maintien des urgences sur tout le territoire.

    Comme nous devons rester vigilants pour veiller à maintenir notre médecine privée, de nombreux professionnels de santé devant prochainement prendre leur retraite, sans succession. Aussi nous devons redoubler d’invention et d’ingéniosité sur nos territoires. C’est pourquoi je voudrais féliciter particulièrement François CAUMES, maire du CHALON et Martine LAGUT, maire de CREPOL, pour leur initiative, que j’ai toujours soutenue, de poste de Coordonnateur de santé.

    Sachez que vous pourrez compter sur moi pour lutter aussi contre la désertification médicale.

    •  Autre sujet de préoccupation important, la réorganisation d’horaires et de dessertes de VALENCE TGV / LYON, survenue le 9 décembre dernier, une gare stratégique pour le développement et l’attractivité de notre territoire. La raison qui est opposée par la SNCF réside dans la réalisation de travaux en gare de LYON Part Dieu à compter de cette année …Après avoir alerté Monsieur Guillaume PEPY, Président du Directoire, son secrétaire général, son directeur du TGV Sud-est, il m’a été répondu qu’ « au fur et à mesure de l’avancement des travaux en gare de LYON Part Dieu, ils réexamineront les possibilités de rétablir des dessertes entre VALENCE et LYON … ». J’attends toujours la réponse de Madame BORNE, Ministre des Transports …

    Je reste persuadée que la mobilité est un enjeu économique, social et environnemental.

    •  Ce qui m’amène pour terminer à un dossier, plus encourageant, les échangeurs autoroutiers en Porte de Drômeardèche. Ce projet a été validé par la ministre des Transports le 2 août 2018, puis par un décret du CONSEIL D’ETAT en date du 6 novembre 2018, publié au Journal Officiel. Les semi-échangeurs prévus à Saint-Rambert-d’Albon et Saint-Barthélemy-de-Vals verront bien le jour, tout comme d’ailleurs l’échangeur de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

    C’est l’aboutissement de toute une mobilisation sur ce projet drômois, sur lequel j’ai choisi de m’investir fortement. Cela permettra d’améliorer la desserte locale de la circonscription dont l’accès sera facilité.

    Cette année 2019, verra la signature des conventions financières avec les collectivités locales. Lorsque nous avons encore fait le point de ce dossier fin décembre avec Monsieur le Préfet, n’est-ce pas Monsieur le Secrétaire général, j’ai noté que votre planning prévisionnel échelonnait l’opération sur 7 années à partir de la signature des conventions financières.

    Et dès ce vendredi, nous allons avoir une réunion importante organisée par la Direction départementale des Territoires.

    A rebours de l’isolement dont les territoires ruraux font l’objet, ce projet permettra de mieux nous connecter au réseau autoroutier et ainsi de nous rapprocher du reste du territoire, permettant ainsi de soutenir l’attractivité économique et touristique de notre beau pays drômois.

    •  Voilà ce que nous pouvions dire de cette année politique, particulièrement chargée, riche tout autant que mouvementée et qui nous laisse un passif et un héritage lourd de conséquences.
    •  Et si j’ai commencé mon allocution par un message empreint de scepticisme, j’aimerais la conclure par une note d’optimisme et cette autre citation qui nous vient de BERGSON.

    « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté ».

    Je le prends comme une invitation, comme un pied de nez aux horizons déprimés que l’on nous promet. Par notre volonté d’optimisme, par notre engagement, par nos efforts, nous pouvons permettre un avenir meilleur.

    En tout cas, c’est en vous donnant l’assurance que je chercherai à nous permettre beaucoup de choses, à nous permettre le meilleur, que je vous souhaite tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

    Je souhaite que cette année 2019, soit celle de la réalisation de vos projets, l’année de tous les partages. Une année d’espérance pour la Drôme et pour la France, afin que nous puissions vivre dans la paix et dans la joie. Très belle année à tous !

    Que vive le République et vive la France !