• Emmanuelle ANTHOINE a dit NON au CETA parce qu’il s’agit d’un texte aux incertitudes et aux dangers trop nombreux.

     

    Nous ne pouvons et ne devons pas sacrifier certains de nos secteurs économiques ainsi que la garantie d’offrir à nos consommateurs des produits de qualité sur l’autel du libre-échange.

    Cet accord devrait effectivement s’accompagner d’importantes pertes dans la métallurgie et l’agroalimentaire.

    Surtout, les normes sanitaires et environnementales qui s’appliquent en France et en Europe ne pourront pas systématiquement être exigées à l’égard des produits canadiens.

    De fait, aucune règle n’interdit l’importation du bœuf canadien dopé aux antibiotiques activateurs de croissance, pourtant interdit en Europe. Il en est de même du bétail nourri aux farines animales, produites à partir du sang, des poils ou du gras des bovins…

    Ainsi, non seulement les européens consommerons des produits ne satisfaisant pas à nos exigences sanitaires mais en plus nos agriculteurs subiront la concurrence déloyale de producteurs n’étant pas soumis aux mêmes exigences.

    Ce sont nos standards de qualité de notre alimentation qui seront ainsi sacrifiés.

    Nous allons donc commercer avec un pays qui est l’un des pires élèves du G20 en matière climatique, à rebours de la position de fermeté que revendique le Gouvernement sur cette question. Ce sont 3 millions de tonnes de CO² en plus par an qui seront générés du fait de la signature de cet accord.

    Cet accord représente par ailleurs une atteinte à notre souveraineté : en confiant aux entreprises, avec les tribunaux d’arbitrage, la capacité de court-circuiter la Justice de notre pays pour réclamer des compensations financières au cas où les règles garanties dans le CETA ne sont pas appliquées par les Etats.

    C’est un moyen pour les entreprises de s’opposer à notre législation sanitaire et environnementale.

    Tant de sacrifices et de renoncements pour un gain économique dérisoire de seulement 0.02% du PIB d’après l’étude d’impact réalisée par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) ! Cette étude d’impact nous apprend également que les principaux bénéfices attendus d’un accord de libre-échange ne seront pas nécessairement au rendez-vous puisqu’elle affirme que les hausses directes de pouvoir d’achat et les créations d’emplois restent incertaines.

    « Je ne peux soutenir un tel accord », affirme-t-elle.

    C’est dans ces conditions qu’Emmanuelle ANTHOINE a donc, ce mardi 23 juillet 2019, voté contre le projet de loi de ratification de l’accord CETA.